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samedi 5 juillet 2014

Escapade lyonnaise : 2ème journée

La journée a commencé par la visite de l'exposition "La mode en temps de guerre" 
au Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD)
Le bâtiment qui accueille le CHRD depuis octobre 1992 n'a pas été choisi au hasard. Construit en 1894, il a hébergé jusqu'en 1981 l'école des Services de Santé Militaire. Il a été investi par la Gestapo, dirigée par Klaus Barbie, de mars 1943 à mai 1944, date à laquelle il a été presque totalement détruit par un bombardement allié visant les installations ferroviaires situées à proximité. La ville de Lyon, propriétaire des lieux, entame sa réfection dès 1945. Elle sera achevée en 1962, donnant à l'espace Berthelot sa configuration actuelle.
Nous sommes partis ensuite à la découverte du Vieux Lyon, "plus bel ensemble Renaissance de France [avec] ses joyaux architecturaux (Hôtels Bullioud, d'Estaing, Paterin, Gadagne, galerie Philibert Delorme, Tour Rose, loge du change...) et d'insolites traboules."
Ce quartier a failli être détruit "dans les années 60 par un projet de boulevard urbain traversant le quartier historique de part en part. [   ] [C'est ] l’intervention du ministre de la Culture, André Malraux en 1964, [qui en] permettra la sauvegarde."
Il est inscrit a patrimoine de l'UNESCO depuis 1998.

Sur notre chemin, nous avons d'abord croisé
LA CATHEDRALE SAINT-JEAN
Ces dimensions sont 80m de long pour 26m de large et 32,5m de haut.  Initialement, l'architecture est d'inspiration romane mais les travaux vont durer plus de trois cents ans. Le mariage entre les styles roman et gothique, voire gothique flamboyant, témoigne de cette longue construction. La chronologie est lisible à l'intérieur de la cathédrale : les parties occidentales sont romanes et plus l'on s'avance vers la façade, plus le style est gothique. Malheureusement, nous n'avons pas pu nous en rendre compte, l'intérieur étant en travaux.

Puis nous avons déambulé et admiré :
LA MAISON DES AVOCATS
Située à l'angle de la rue de la Bombarde et de la rue Saint-Jean, elle est constituée de plusieurs corps de logis et d'une galerie sur cours de type toscan. La partie la plus ancienne a été construite dans la première moitié du XIVème siècle. Elle abrite aujourd'hui le musée de la Miniature et du Cinéma.

La Ville de Lyon, propriétaire des lieux, n’en a pas moins entamé dès 1945 une réfection des bâtiments, confiée aux architectes Victor Clermont et Etienne Deschavannes. La façade avenue Berthelot, la plus dévastée, est démolie en mars 1946. Mais les matières premières font cruellement défaut, différant d’autant le projet de sa reconstruction, qui n’intervient qu’en 1958. En novembre 1945, des vols signalés dans la partie en cours de réaménagement, ce malgré la clôture qui a été apposée, laissent à penser qu’ils ont pu être commis depuis les caves, qui communiquent entre elles par un réseau de couloirs reliant les différents pavillons, aussitôt murés. En 1947, le mât en bois de la cour d’honneur est remplacé par un mât métallique tubulaire de 20 mètres de haut.

Le chantier s’achève en 1962, donnant à ce que l’on dénomme aujourd’hui « l’Espace Berthelot » sa configuration actuelle.
L’ancienne Ecole du Service de santé militaire, délocalisée à Bron en 1981, a désormais cédé le pas à un ensemble d’équipements à vocation scientifique, culturelle et éducative. - See more at: http://www.chrd.lyon.fr/chrd/sections/fr/pages_fantomes/fiches_thematiques/lhistoire_du_musee/#sthash.Q3wNrJP4.dpuf
LA MAISON DU CHAMARIER
connue aussi sous le nom d'HOTEL D'ESTAING (du nom de son premier occupant le chanoine-comte François d’Estaing, grand dignitaire du chapitre de Saint-Jean (évêque de Rodez en 1529), détenant le titre de Chamarier).
La maison actuelle est l'un des rares bâtiments du XVème siècle conservé dans le Vieux Lyon, elle témoigne de la transition entre le style gothique flamboyant et la Renaissance.
L'habitat médiéval morcelé est transformé en une vaste demeure qui adopte le schéma classique de la maison urbaine de la Renaissance : plusieurs corps de logis reliés par des galeries extérieures ouvertes desservies par un escalier en vis (inscrit dans une tour), [autour d'] une cour intérieure.
La magnificence de la maison, façade et intérieurs, trahit l'importante position sociale du propriétaire.

Un puits et une fontaine, attribués à l’architecte Philibert Delorme, ornent la cour intérieure de cet hôtel devenu une des plus belles demeures du quartier.
Le puits daté de la fin du XVIème siècle est remarquable par ses proportions et la richesse de ses décorations. 


La construction s’élève légèrement au-dessus du sol et se compose de trois parties:
  • le soubassement avec une double rangée de caissons décorés de rosaces
  • le puits lui-même couvert par une trompe décorée d'une coquille
  • la couverture, composée d’une coupole surmontée d’un lion sculpté.
Plusieurs fois transporté, il a finalement repris sa place originelle dans la cour de la maison du Chamarier.

La fontaine située juste à côté est un édicule qui venait en complément du puits. Construites en forme de niche, ses décorations sont similaires à celles du puits.


Puis nous sommes partis à l'assaut de la colline de Fourvière, où se trouvent les plus anciens vestiges de la ville gallo-romaine, auxquels nous ne nous sommes pas intéressés. (Il faut bien en garder pour la prochaine fois !)
Le funiculaire (qui porte le joli nom de "ficelle") étant enterré, nous avons préféré emprunter les escaliers. Ce n'est pas quelques 237 marches qui allaient nous arrêter !
Nous avons traversé le jardin du Rosaire (dont je n'ai malheureusement pas de photo), qui permet d’accéder à Fourvière depuis les quartiers du Vieux-Lyon,  par la Montée Saint-Barthélemy ou par la montée des Chazeaux.  Il fut aménagé au XIXème lors de la construction de la Basilique pour permettre le passage des processions en l’honneur de la Vierge Marie.
Son nom vient du Rosaire. Chaque station est marquée par une plaque au sol. Des petites roses de bronze dont certaines numérotées, sont incrustées dans le sol des allées et indiquent  les étapes de la prière du rosaire.
Ce jardin, aménagé en 1990, à la composition végétale travaillée, offre de grandes zones d’ombre grâce aux marronniers, tilleuls ou érables présents sur le site.  Les feuillages persistants des fusains, buis et houx permettent en toute saison d’évoluer dans un espace de verdure.
Au fur et à mesure de son ascension on découvre des perspectives magnifiques sur la ville et le chevet de la Basilique.
Depuis la plus haute antiquité, la colline de Fourvière – la colline qui prie - est un haut lieu de la vie spirituelle et culturelle de Lyon. C’est à Fourvière que les premiers chrétiens exprimèrent leur foi. Dès le haut Moyen-Age, le lieu devient un sanctuaire marial, plaçé sous la protection de Marie. En 1168, une petite chapelle est construite. Dix ans plus tard, apprenant l’assassinat de l’archevêque Thomas de Cantorbery dans sa cathédrale, l’évêque de Lyon décide d’y associer sa mémoire.
Au XVIIème siècle, la colline prend une nouvelle importance. Alors que la peste sévit dans la région, les échevins de la ville font en 1643 le vœu de monter en pèlerinage chaque année à Fourvière si l’épidémie s’arrête. Leur vœu est exaucé et aujourd’hui encore, le Maire et les élus de Lyon viennent chaque année renouveler le vœu des échevins. Dès lors, les pèlerinages se multiplient et la chapelle, même agrandie, devient rapidement trop petite.
En 1830, le clocher de la chapelle, menaçant ruine, est démoli. On décide de le reconstruire et de le surmonter d'une statue dorée pour laquelle le sculpteur Fabisch remporte le concours. L'inauguration devait avoir lieu le 8 septembre 1852, fête de la Nativité de la Vierge, mais les fortes précipitations ont pour conséquence l'inondation de l'atelier du fondeur et l'on se voit forcé d'en reporter la date au 8 décembre. La statue est mise en place mais le mauvais temps est encore de la partie et les festivités prévues, tels que les feux d'artifices, ne peuvent avoir lieu. Spontanément, les Lyonnais, par dévotion, mettent alors des lampions à leurs fenêtres en profitant d'une accalmie dans la soirée. Cet événement est à l'origine des illuminations du 8 décembre..
En 1870, pendant la guerre franco-prussienne, les Lyonnais font le vœu d’agrandir le sanctuaire si la ville est épargnée par les armées prussiennes. Leur prière est exaucée et en 1872, la première pierre de la basilique est posée. L’architecte choisi est Pierre Bossan, architecte atypique, qui a déjà construit à Lyon l’église St Georges. Son œuvre sera poursuivie par l’architecte Sainte-Marie Perrin.
La basilique est remarquable par son style, par la diversité des matériaux employés et par la richesse de sa décoration intérieure. Dans une vision mystique de la religion, Pierre Bossan a voulu construire un édifice parlant, qui exprime la grandeur de la foi. Ses quatre tours et ses murailles crénelées à contreforts lui donnent l’aspect d’une forteresse, qui symbolise la foi sans faille de la Vierge Marie. 

Par contraste, l’intérieur avec ses murs recouverts de mosaïques est une véritable maison d’or et de lumière, à la gloire de la Vierge Marie. Toute la basilique a été construite selon un schéma symbolique : pour faire passer le pèlerin ou le visiteur de l’obscurité à la lumière de la foi.


J'avoue que lorsque j'ai pénétré à l'intérieur de cet édifice, j'en ai eu littéralement le souffle coupé. Une émotion immense m'a submergée à la vue de cet espace si richement décoré.
 
 
Les  6 mosaïques murales ont été réalisées d’après les cartons de Charles Lameire et exécutées magnifiquement par les ateliers Martin de Paris. On peut voir Jeanne d’Arc délivrant Orléans, l’arrivée de Saint Pothin à Lyon, le Concile d’Ephèse,  le vœu de Louis XIII, la Bataille de Lépante, la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception. (source : http://www.patrimoine-lyon.org)





"La crypte (église basse) est accessible par  un escalier de marbre rouge, chef d’œuvre de Sainte-Marie Perrin, à double révolution.  On pénètre alors dans un lieu sombre, impressionnant  qu’est cette vaste chapelle consacrée à Joseph. Ce lieu est  défini comme étant celui qui symbolise l’Ancien Testament et l’ignorance des hommes avant  la venue du Christ"(source : visitelyon.fr)
 




 Avant de regagner la gare, nous avons encore flâné dans le Vieux Lyon





Cette ville doit recéler d'autres merveilles, que nous découvrirons lors d'une prochaine escapade.

Pour rédiger ce message, je me suis aidée du site "patrimoine-lyon.org" (textes écrits en bleu) et du site "fourviere.org" (textes écrits en mauve).


dimanche 4 mai 2014

Escapade lyonnaise : la Croix Rousse


Puis nous avons grimpé à l'assaut de la Croix Rousse, haut lieu du tissage de la soie.
La soierie lyonnaise a une longue histoire derrière elle (qui sera un jour - prochain - contée sur  papillonnage de cousette). Les premiers métiers à tisser à bras sont installés en 1812 à la Croix Rousse, qui est alors une commune indépendante de Lyon, à laquelle elle ne sera rattachée qu'en 1852. Le nombre de métiers de la Croix Rousse va augmenter progressivement, jusqu'à atteindre 40 000 en 1860.
Il existe plusieurs raisons à l'expansion du tissage de la soie hors de Lyon. De nombreuses commandes affluent, en particulier sous l'impulsion de Bonaparte "imposant à la cour le port de somptueux vêtements d'apparat et exigeant une riche décoration dans tous ses palais en Europe (à son départ à Saint-Hélène, plus de 60 000 mètres de soieries sont entreposées dans les réserves du Mobilier Impérial)" (p.89). Les 10 812 métiers à bras inventoriés en 1808 dans les trois arrondissements lyonnais ne suffisent pas à y répondre. Il faut donc créer de nouveaux ateliers pour augmenter la production.
Les tisseurs lyonnais sont rejoints par "des Dombistes, des Dauphinois, des Savoyards, tous attirés par ce métier prometteur, avec, en outre et à la clé, certains avantages fiscaux comme les réductions de l'impôt foncier et la contribution mobilière consenties par la commune, et l'absence de droits d'octroi puisque l'on se trouve hors de Lyon" (p.89).
Pour Bernard Tassinari, qui retrace l'histoire de la soie à Lyon : de la Grande Fabrique aux textiles du XXIème siècle dans un livre paru en 2012 (dont les textes écrits en bleu sont extraits),
ce n'est pas la hauteur du métier Jacquard qui est la seule responsable de leur arrivée à la Croix Rousse (comme c'est souvent mis en avant). Le métier Jacquard permet la fabrication de façonnés (soieries comportant des dessins) à l'aide de cartons et d'un ingénieux mécanisme qui ont remplacés les "tireurs de lac", personnes qui actionnaient les différents fils composant le tissu afin que le tisseur réalise le passage des navettes pour reproduire les dessins.
Deux métiers Jacquard visibles à la Maison des canuts
(Vous suivez ? Pas d'inquiétude : un jour - prochain - tout cela sera expliqué plus en détail sur papillonnage de cousette)

Plusieurs corporations participent à la fabrication des soieries, mais deux professions se dégagent : 
- le fabricant-négociant qui passe la commande, fournit la soie et les cartons 
- le tisseur qui réalise les soierie
La fabrique lyonnaise est composée de petits ateliers indépendants. En fait, "il n'y a pas dissociation entre la vie familiale et la vie professionnelle  qui s'écoulent dans le même local. Les 2/3 de la surface sont réservés à l'atelier sur toute la hauteur. On y trouve deux à quatre métiers, plus le matériel de préparation. Le dernier tiers est consacré à la partie habitation. Il est coupé en deux dans sa hauteur, comportant en bas la chambre du maître et de son épouse, la cuisine, la souillarde et, en haut, sur la soupente, le lieu de couchage du compagnon ou de l'apprenti, auquel on accède par une petite échelle et un espace pour le stockage. Le sol est en carreaux de terre cuite non vernie, le plafond est à poutres apparentes. Les poutres et les solives de bois sont utilisées par le tisseur pour caler ses métiers, souvent ébranlés par les coups de battant qui les font vibrer, et pour suspendre divers accessoires utiles au cours du tissage." (p.98)
dessin de Ferat - 1831 dans "LE TISSAGE - Encyclopédie contemporaine des métiers d'art" - éd. Dessain et Tolra - p. 72 - 1977 
tableau tissé par les canuts - dans "LA SOIE A LYON" - p. 98
Les immeubles qui se construisent alors le seront de manière fonctionnelle et sans fioriture. "Chaque étage doit pouvoir héberger des métiers à bras [  ]  équipés de leur mécanique, qui nécessite au moins quatre mètres sous plafond. Il faut de grandes ouvertures pour laisser entrer la lumière. Les fenêtres sont deux fois plus hautes que larges. Leur disposition à intervalles réguliers contribue à donner aux façades un aspect particulier" (p.97)
 
On aperçoit sur cette vue une particularité architecturale lyonnaise, qui provient de l'influence italienne durant la Renaissance : les lambrequins (de bois ou de tôle ouvragé) dans le haut des fenêtres, qui cachent les stores relevés (il n'y a pas de volet). Ces lambrequins sont présents sur de nombreuses façades, quel que soit le quartier.
Mais revenons à la Croix Rousse. Les bâtiments, dotés de solides escaliers en pierre, comportent en général deux demi-volées entre chaque étage.
 
La largeur des escaliers a été calculé pour permettre le passage d'un rouleau de soie porté sur l'épaule. En effet, ces escaliers facilitaient la circulation sur la colline de la Croix Rousse. Ce sont les fameuses traboules.
Le site web qui leur est consacré nous indique " Amable Audin, historien archéologue, décompose le mot traboule en « trans-ambulare » qui signifie littéralement « passer à travers » d'où le verbe trabouler et le nom qui en découle, « traboule ». Par ailleurs, pour René Dejean, graphiste et professeur, ce nom "évoque un trajet raccourci et une idée de débrouillardise dans la connaissance des lieux. On peut donc s'entendre pour définir la traboule comme une voie réservée aux piétons, souvent étroite, débutant par un couloir d'entrée 

et traversant un ou plusieurs bâtiments (et/ou une ou plusieurs cours) pour relier une rue à une autre". 
 Elle peut également relier un niveau à l'autre, le relief lyonnais s'y prêtant. Une traboule peut être horizontale quand elle se traduit par une succession d'allées et de cours, ou verticale quand elle attaque les volées d'escaliers qui rattrapent les dénivelés."
Emprunter ces passages permettait de livrer plus rapidement les rouleaux de soie aux fabricants qui vivaient au pied de la Croix Rousse. Pour des raisons de sécurité, la plupart des traboules sont maintenant fermées. La majorité des immeubles étant privés, les portes sont munies de code d'accès. Mais notre guide avait l’œil, à l'affut des personnes qui les franchissaient, nous ouvrant ainsi un passage. Parfois nous donnant à voir une cours peu entretenue.
La cour des Voraces est quand à elle toujours accessible :
Elle est le témoin de la lutte des canuts qui se soulevèrent à plusieurs reprises.

A mon retour de cette escapade, fascinée par ce que j'ai découvert lors de ma visite à la Maison des Canuts, j'ai fouiné dans mes archives à la recherche d'informations complémentaires sur le tissage. J'ai retrouvé un livre depuis longtemps oublié (paru en 1977)
dans lequel je lis "En 1800 l'abbé H. Vassart fait un portrait très sombre des canuts lyonnais : "Le canut se reconnaît à son costume héréditaire, tricorne bas à côtes, habits de velours, mais plus encore à son teint blême, à son corps grêle et difforme, à son dos voûté, à sa voix cassée, à sa parole trainante, à son langage ou plutôt à son jargon. Il faut à l'homme de l'air, de la lumière , de la nourriture et de l'exercice et le canut se trouve presque déshérité de tout ce que réclament les besoins de l'existence." (p.72)
N'en jetez plus ! Nous pouvons tout de même penser que cette description est le lot de la totalité des ouvriers du XIXème siècle, quelle que soit la manufacture. Les ouvriers de la fabrique de chapeau de Chazelle sur Lyon  ne devaient pas être mieux lotis.

L'image renvoyée ici est fort négative. Mais il est avéré que ces personnes étaient instruites, savaient lire, écrire et compter. Il ne fallait pas être sot pour monter un métier où s'entrecroisent plus de 9 000 fils !
L’historien lyonnais Fernand Rude écrira à propos des canuts : "Une véritable élite intellectuelle s'était formée parmi eux, dont les représentants se distinguaient par leur culture, par leur vigueur, l'élévation de leurs esprits, par leur goût artistique, par leur sens des justes revendications sociales, par leur conception de l'homme ouvrier" (p.95). (Voilà un portrait qui me plaît bien et me donne envie de creuser le sujet!)
Cela explique peut-être pourquoi cette corporation a su s'organiser pour améliorer son quotidien. Si ce sont leurs révoltes (chantées par Aristide Bruant) qui les ont fait entrer dans l'histoire (pour en savoir plus, vous pouvez consulter herodote et les-canuts-ou-la-democratie-turbulente), il faut aussi souligner que ce sont les canuts qui ont créé les premières sociétés d'entraide mutuelle. Un projet de caisse de secours pour le chômage avait déjà été envisagé à la fin du XVIIIème siècle. De part leur réflexion, inscrite en particulier dans leur journal "L'écho de la fabrique", les canuts ont apporté une pierre importante aux luttes sociales.

Mais il est temps de quitter la Croix Rousse, alors que le jour descend et que la ville s'habille de Lumière (un des visages de Lyon totalement occulté durant notre visite). 
Nous empruntons la rue Edouart Herriot, large artère marchande,
 
  retrouvons la place Bellecourt
 

 prolongée par la place Antonin Poncet où trône ce bel arbre intemporel
 rejoignons par le quai du docteur Gailleton le pont de l'Université où nous traversons le Rhône
 
FIN D'UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE !

dimanche 27 avril 2014

Escapade lyonnaise (1)

Le prétexte m'en a été donné par l'exposition "La mode en temps de guerre. Pour vous Mesdames"
organisée par le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation. Comme il m'était revenu l'honneur de faire le programme de ces deux journées, une recherche rapide sur Internet pour repérer les musées dédiés au travail de la soie m'a amené à sélectionner la Maison des Canuts. Nous avions donc deux points de chute, pour le reste, nous n'avons pas compulsé de guide touristique, nous avons fait confiance à nos pieds pour nous guider !

Nous avons ainsi découvert une ville au riche passé, qui a émerveillé nos yeux et notre âme. J'ai pris beaucoup de photos, en prévision du reportage à transmettre. Bien entendu, certaines ne trouveront pas leur place ici, alors que d'autres, que je n'ai pas prises, auraient été bien utiles !

Afin de mettre des mots sur ces images, je me suis documentée sur le site culturel de la ville de Lyon. Les annotations bleues en sont extraites. Mais cet article rendra compte surtout d'impressions, de ressenti. Il ne sera pas toujours d'une grande précision. Par exemple je n'ai pas noté le nom des rues chaque fois que je prenais une photo.

Arrivés à la gare de la Part-Dieu, nous sommes passés à proximité de l'Hôpital de l'Hôtel Dieu dont la façade actuelle de 375 m est due à Jacques-Germain Soufflot (XVIIIème siècle)
afin de nous rendre sur la place Bellecour pour collecter des informations à l'Office du Tourisme.

Cette immense place est bordée d'immeubles aux multiples fenêtres, ce qui est d'ailleurs la caractéristique architecturale de cette ville. Où qu'on soit, les immeubles et leurs fenêtres sont tirés au cordeau.


 La place Bellecour semble être un lieu de passage très fréquenté. Notre escapade ayant eu lieu les 18 et 19 février, de nombreux promeneurs y faisaient halte pour se réchauffer aux rayons de soleil bienvenus après une longue période pluvieuse.
Cette place, occupée en son centre par la statue de Louis XIV, fut réalisée de 1713 à 1738 puis modifiée sous Napoléon.  
 
[C'est] l’une des plus grandes places d’Europe (310 m par 200 m), site central de la Presqu'île (entre Saône et Rhône). où ont lieu des animations occasionnelles,comme la grande roue

 Au loin, la Basilique de Fourvière veille sur les hauteurs, ainsi qu'une Tour métallique construite à l'occasion de l'exposition universelle de 1894.
Nous avons ensuite remonté la rive droite de la Saône pour nous rendre à La Croix Rousse.
 
 Certains quais étaient à flot. Ce qui ne nous a pas empêché d'admirer :
l'immeuble Planchon sur les quais Fulchiron (deuxième immeuble blanc en partant de la droite) construit en 1846 par Pierre Bossan, architecte de Fourvière. Cette photo a été prise du pont Bonaparte. 
 l'église Saint-Georges et le lycée Saint-Just (ancien grand séminaire)
le chevet de la cathédrale saint-Jean aux pieds de Fourvière
En continuant notre promenade, nous avons admiré à l'angle du quai de la Pêcherie et de la rue de la Platière cette magnifique fresque murale :
Sur la scène de ce "théâtre-bibliothèque", les acteurs sont des livres dont les auteurs sont nés ou ont travaillé dans la région lyonnaise. Près de 500 références et des extraits de textes représentent, dans un faux désordre, notre patrimoine littéraire... Rabelais, Louise Labé, Voltaire, mais aussi Reverzy, Frédéric Dard, Annie Salager…, tous en profitent pour adresser un clin d'œil aux bouquinistes, juste en bas, sur le quai.
Depuis plus de vingt ans, les artistes de la Cité de la Création l'affirment en couleurs et trompe l'œil. Ces muralistes épris d'esthétisme et de pédagogie rendent hommage au patrimoine lyonnais en une quinzaine d'étapes.

Nos pas nous ont mené ensuite vers la place des Terreaux, aménagée au XVIIème siècle sur d'anciens marécages avec : 
 l'Hôtel de ville construit par l'architecte de la ville Simon Maupin en 1646,
la fontaine Bartholdi réalisée en plomb martelé et repoussé en 1887,
 et le musée des Beaux-Arts dans les bâtiments d'une ancienne abbaye royale du 17ème siècle : l'abbaye des Dames de Saint-Pierre. Avant d'être un musée des Beaux-Arts généraliste, le musée des Beaux-Arts de Lyon a notamment été un lieu d'apprentissage pour les dessinateurs employés par la Fabrique lyonnaise (notamment de motifs floraux). Ouvert au public depuis 1803 et entièrement rénové en 1998, le musée des Beaux-Arts de Lyon propose l'une des plus importantes collections d'oeuvres d'art d'Europe.
 
 
 
 
 Puis nous avons grimpé à l'assaut de la Croix Rousse.